François Ier et l’Italie / L’Italia e Francesco I

  • Auteur :  Chiara Lastraioli et Jean-Marie Le Gall (dir.)
  • Éditeur : Brepols « Études Renaissantes »
  • Laboratoire : CESR
  • Date de publication : DĂ©cembre 2018

Les relations entretenues par François Ier avec les Ă©tats italiens ne furent pas toujours aussi linĂ©aires et profitables qu’on a pu l’affirmer dans le passĂ©, aussi bien dans les domaines politique que culturel. Les cĂ©lĂ©brations nationales de 2015, Ă©voquant la victoire Ă  Marignan d’un jeune roi de France fraĂ®chement couronnĂ©, ont sans doute contribuĂ© Ă  renforcer l’image d’un monarque conquĂ©rant et puissant au dĂ©triment d’une analyse plus lucide et approfondie sur les rĂ©percussions, tout au long de son règne, de l’aventure italienne.

Les articles figurant dans ce volume explorent diffĂ©rents aspects de l’Ă©popĂ©e guerrière et culturelle de François Ier en Italie, tout en mettant l’accent sur les rĂ©actions suscitĂ©es outremonts par la politique royale au fil du temps, mais aussi des succès et des dĂ©boires diplomatico-militaires. Si la domination française en PiĂ©mont-Savoie semble contrebalancer l’échec cuisant d’une implantation durable dans le Milanais, la popularitĂ© du monarque rĂ©siste surtout dans les milieux hostiles Ă  la suprĂ©matie impĂ©riale et chez les fuoriusciti, mais peine Ă  s’affirmer de façon incontestĂ©e comme l’attestent le revirement de moults alliĂ©s, les dĂ©pĂŞches diplomatiques et les chroniques littĂ©raires de l’époque. AdulĂ© par des lettrĂ©s et des artistes de renom qui voient en lui un mĂ©cène parfois visionnaire, François Ier met en Ĺ“uvre des rĂ©seaux d’influence grâce Ă  l’implantation de nombreux Italiens sur des sièges Ă©piscopaux du royaume tout en favorisant l’essor d’un italianisme culturel bien au-delĂ  de l’espace raffinĂ© de la cour. Tous ces efforts semblent toutefois peu lisibles par les Outremontains qui nourrissent une mĂ©fiance envers une politique qui semble osciller entre gallicanisme et accueil des hĂ©tĂ©rodoxes, dĂ©fense de la ChrĂ©tientĂ© et entente avec le Turc, vellĂ©itĂ©s hĂ©gĂ©moniques et replis soudains. Historiographes et polĂ©mistes Ă  la solde des diffĂ©rents Ă©tats prennent parti soit en faveur soit contre l’action royale dans la pĂ©ninsule, tandis que les Ă©crits littĂ©raires restituent une image quelque peu Ă©cornĂ©e du roi de France face Ă  la toute-puissance de Charles V.