Monnaie et finance

Contact: 

Responsable scientifique
Françoise Le Quéré

Il existe à Orléans, comme à Tours, une concentration exceptionnelle de spécialistes de ces domaines : plusieurs historiens travaillent sur les monnaies grecques, romaines, gauloises et médiévales ; plusieurs économistes se sont spécialisés en histoire financière, réglementation des systèmes financiers actuels et banques…

L’aspect quantitatif des phénomènes est pris en considération dans le domaine de l’archéométrie comme dans celui de l’économétrie, de sorte que physiciens et statisticiens complètent les groupes de recherche sur ces thématiques. Sur la monnaie, on étudie son anatomie, des mines à la mise sur le marché. Les méthodes d’analyses physiques, en constante évolution, appliquées au raisonnement historique ont permis de progresser dans le domaine des techniques de fabrication, de distinction des faux, des manipulations sur le métal, du classement des émissions, de l’usure des métaux, de la production et de la circulation.

Questions en débat

Plusieurs directions sont empruntées :

  • Autorité politique et monnaie : la composition métallique des monnaies permet de mesurer le degré de contrôle des émissions par l’autorité politique.
  • La circulation monétaire : les phénomènes de circulation monétaire font également appel au développement d’enquêtes sur les agents monétaires, les responsables d’ateliers et changeurs, comme à l’époque médiévale, mais aussi sur les pratiques et les représentations de la monnaie.
  • Les métaux monétaires : les recherches menées sur l’arrivée des métaux américains pour lesquels des éléments rares fonctionnent comme traceurs permettent de mesurer la proportion de ces métaux neufs dans la masse monétaire et par conséquent l’influence de ces métaux sur le fonctionnement de l’économie européenne. Cette approche est à l’arrière‐plan de nombreuses enquêtes sur l’or, l’argent et les alliages cuivreux antiques et médiévaux.
  • Études numismatiques : les analyses physiques combinées aux sources historiques permettent d’ajuster le classement des émissions, leur lieu et leur date de fabrication. On peut alors définir de véritables politiques monétaires, dans un cadre économique et politique plus large. La finance prolonge, d’une certaine façon, la problématique précédente, à travers la gouvernance et la réglementation des systèmes financiers. Les travaux vont de la microéconomie (théorie des contrats et de la réglementation) à la macroéconomie monétaire et financière, en passant par des analyses ciblées en finance de marché. Les questions monétaires et financières donnent lieu à des publications dans différents supports : livres scientifiques comme l’Histoire de la Bourse de Paris au XIXème s, contributions à ouvrages, et revues nationales ou internationales.

Plus spécifiquement, 5 thèmes sont envisagés :

  • Analyse des politiques monétaires : questions relatives aux avantages et limites des règles de politique monétaire en union monétaire.
  • Finance de marché : travaux en finance historique, sur l’intégration internationale des marchés financiers, sur les comportements des intermédiaires en information et des acteurs de la gestion déléguée,…
  • Systèmes financiers, institutions, croissance et développement : pour étudier la question de l’origine des différences entre systèmes financiers et leur incidence sur la croissance économique.
  • Systèmes de retraite et fonds de pension : face aux difficultés de financement des systèmes de retraite par répartition, différentes solutions de financement complémentaire par capitalisation sont analysées.
  • L’économétrie pour la Finance : la plupart des travaux de cet axe de recherche portent sur les mesures de risque, et plus spécifiquement sur la Value‐at‐Risk (VaR). Il s’agit ici de proposer une réflexion tant sur les méthodes de prévision de la VaR, que sur les tests de validation.

Ces deux sous‐axes complémentaires se rejoignent lorsque l’on considère les politiques monétaires et budgétaires des divers types de pouvoirs, de l’Antiquité à l’Union Economique Européenne, des états puissants aux pays émergents. Dans cet axe « Monnaie et Finance » s’inscrivent pleinement le LEO, l’IRAMAT, mais aussi des laboratoires tourangeaux comme le CeTHiS.