[Séminaire] Rencontre avec Judith Lyon-Caen et Tiphaine Samoyault autour de la mémoire et la transmission de la littérature du XIXe siècle
Date : 24/11/2026Lieu : En distanciel

Ce séminaire est dédié à la présentation d’ouvrages récents par leurs auteurs, suivie d’un temps d’échanges. Les séances couvrent les différents champs disciplinaires du laboratoire POLEN.
Organisé par Laélia Véron et Gaël Rideau.
Le séminaire d’actualité de la recherche de l’université d’Orléans (laboratoire POLEN) reçoit Judith Lyon-Caen et Tiphaine Samoyault autour de la mémoire et la transmission de la littérature du XIXe siècle.
Tiphaine Samoyault parlera de Toutes sortes de Misérables (Seuil, 2026). Présentation par l’éditeur: « À partir d’un souvenir de lecture d’enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l’étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu’à devenir l’un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question « Faut-il réécrire les classiques ? » apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l’autrice montre qu’un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s’affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant « cancel culture » et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l’enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l’indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n’est pas synonyme d’annulation, bien au contraire, puisqu’elle prolonge le plus souvent la vie des œuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire. »
Judith Lyon-Caen parlera de Balzac nous appartient. Une histoire politique de la transmission littéraire (CNRS Editions, 2026). Présentation par l’éditeur: « De quoi Balzac est-il le nom ? D’un classique de la littérature française, d’un géant de la littérature mondiale, du poète de Paris, du romancier de la vie de province ? D’un révolutionnaire, d’un conservateur, d’un anti-moderne ? Rares furent les auteurs si diversement interprétés, disputés, revendiqués. En s’intéressant aux mille manières d’« aimer Balzac », de le lire, de l’étudier, de se l’approprier ou simplement d’en parler, ce livre fait de Balzac le terrain d’une anthropologie de la transmission littéraire et l’objet d’une histoire politique. Des communistes aux fascistes, d’une célèbre lettre d’Engels à l’« aryanisation » des Éditions Calmann-Lévy transformées en 1942 en Éditions Balzac, des ténèbres des camps aux espoirs de l’après-guerre, l’auteur de la Comédie humaine a traversé toute l’histoire socio-politique du XXe siècle. Judith Lyon-Caen suit non seulement le fil de la lecture des œuvres, mais aussi celui des gestes, des projets et des arrière-pensées de la transmission, les plus vains et les plus efficaces, ceux qu’on admire et ceux qui indignent. C’est une histoire de la mémoire dont les enjeux n’ont pas fi ni de regarder notre présent. »
Le séminaire est ouvert à toutes et à tous, en ligne uniquement.
Inscription : Laelia.Veron@univ-orleans.fr
