Le projet de recherche que j’attends mener à bien a pour ambition de questionner la formation d’un nouvel agent coercitif : l’hygiénisme légal qui a consisté à la fin du XIXe et pour la première moitié du XXe siècle à investir le savoir et les pratiques médicales de la mission d’instaurer un nouvel ordre civilisationnel. Au Brésil comme en Colombie ces conceptions hygiéniques se présentent dans un perspective eugénique et raciale et mobilisent un réseau d’acteurs publics composé de médecins, de philanthropes, d’administrateurs, de législateurs et de juristes qui produisent des discours, des rapports et des règlements qui formeront un juridisme d’un type nouveau dont il conviendra de questionner la nature mais aussi sa réception par la population sujette à un intense contrôle social d’inspiration sanitaire. Au Chili, en revanche la dimension eugénique apparaît moins présente dans les dispositifs d’hygiénisme légal sans pour autant remettre en question la place centrale qu’occupe l’ambition sanitaire dans la régénération du peuple et la construction de la Nation. L’histoire de l’hygiénisme légal dans ces trois pays d’Amérique latine apparaît paradigmatique et son études permet de se pencher sur un cas exemplaire d’élaboration d’un droit par essence disciplinaire au service d’une conception Étatique absorbée par la prédominance des enjeux de santé publique.
Projet financé à hauteur de 7000€ (soutien pour la réalisation)
