Invention et réinvention de la pensée et de l’action environnementale

Responsable scientifique :  Thomas PUGHES / Christophe DEMAZIERE

Selon le Portail des humanités environnementales, on pourrait définir ce champ qui nous intéresse comme « un ensemble de disciplines dont l’origine tient aux enjeux environnementaux et climatiques des dernières décennies. (…). Au lieu d’envisager une nature physique associée à une culture humaine distincte, les humanités environnementales fondent leur approche sur les ontologies interconnectées, à savoir un ensemble de réseaux associant les êtres humains et non humains. Ce que nous appelons environnement ne réfère pas ici à une donnée indépendante de notre action, mais aux imbroglios que les sociétés humaines ont créés dans le temps, et dans l’espace. ». Selon Bruno Latour, il faudrait surtout étudier les récits qui représentent nos rapports avec l’environnement non-humain et réinventer ces récits afin de pouvoir « changer de gabarit intellectuel », avant de songer aux solutions techniques des problèmes environnementaux. Cette thématique se situe donc à la fois dans une perspective historique (environmental history) et dans une perspective de transition vers des rapports plus sains à l’environnement.

Plusieurs sous-axes peuvent faire l’objet d’études approfondies tels que :
– les récits construisant l’environnement non-humain en termes de « nature » ;
– les récits, actions et réalités de la « violence lente » des pollutions de l’environnement (slow violence)
– la notion de « transition » et les humanités environnementales (par exemple, le mouvement des villes en transition)
– du local au global : récits, actions, frontières
– la notion de « biorégion » dans le discours et les territoires.

Cette liste, qui est loin d’être complète, donne cependant une idée des différentes disciplines qui peuvent être impliquées dans le domaine qui nous occupe ; on pense notamment aux analyses littéraires, à l’histoire, aux cultural studies, à l’anthropologie, à l’histoire de l’art, à la géographie, à l’aménagement, au droit et aux sciences économiques. Afin de lancer les travaux sur ces sujets, il est d’ores et déjà prévu d’inviter à la MSH Val de Loire John Barry, professeur en Green Political Economy à la Queen’s University de Belfast, afin d’approfondir la réflexion sur les implications sociétales et environnementales de cette approche à l’espace non-humain.

Illustration :  Jannoon028 – Freepik.com