Improvisation musicale : dialogue entre les sciences sociales et techniques de production audiovisuelle

Date: 
12 Février 2015
Intervenant(s): 
Caroline CANCE, Laboratoire Ligérien de Linguistique (LLL, Orléans)
Gilles CLOISEAU, Laboratoire Ligérien de Linguistique (LLL, Orléans)

La séance est consacrée à la présentation d’une ethnographie au sein de la scène d’improvisation libre de New York, ville qui a joué un rôle majeur dans le développement de cette pratique depuis l’émergence du free jazz dans les années 60 et du noise dans les années 80. Il s’agit d’une étude collaborative entre une réalisatrice d’enregistrements et chercheure en sciences sociales à la New School for Social Research à New York (Amandine Pras) et deux linguistes du LLL d’Orléans spécialisés en linguistique cognitive (Caroline Cance) et en prosodie cognitive (Gilles Cloiseau).
Cette étude combine des entretiens individuels, des séances de studio, des enregistrements de concert ainsi que des séances d’écoute avec douze musiciens de renommée internationale, issus de divers milieux culturels et antécédents musicaux mais appartenant tous à la « scène new-yorkaise ».
Après une présentation générale du projet, on s’intéressera plus particulièrement aux différentes méthodologies de collecte et d’analyse linguistique ainsi qu’aux techniques de prise de son/vue, de montage/mixage et de transcription des entretiens. Nous expliquerons comment nous avons sélectionné ces techniques pour répondre aux exigences de qualité à la fois scientifique et artistique du projet.
Les analyses linguistiques menées visent à identifier dans le discours une conceptualisation à la fois collective et individuelle de l’improvisation, à travers la mise en lumière d’un faisceau cohérent d’indicateurs lexicaux, sémantiques, rythmiques et prosodiques qui font écho et révèlent l’acte d’improvisation lui-même.
Nous illustrerons nos propos par quelques exemples mêlant montage audiovisuel, mixage audio et analyse linguistique. A travers ces exemples il s’agira de mettre l’accent sur la nécessité d’une construction symbiotique des données d’une part linguistiques et anthropologiques (incluant le mode de questionnement, la qualité d’enregistrement, le type de transcription, le niveau d’analyse) et d’autre part musicales et audiovisuelles (incluant le type d’ensemble, de setup et de postproduction) pour documenter et analyser la pratique d’improvisation libre dans des conditions les plus proches possibles des conditions habituelles de cette pratique.

Amandine Pras du collègue de la New York School of Research est à l’initiative et à la tête de ce projet.

 
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